Le processus créatif : CLANDESTINE
 
Dr. Aaron Prevots, Ph.D.
Southwestern University


"Etant aujourd'hui à peu près conscients qu'ils ne feront jamais progresser la science, sauf en y léguant leurs corps, ils se sont alors penchés sur le problème du divorce, l'un des nombreux fléaux de notre siècle!

Après longue réflexion, Clandestine s'est accordé sur le fait qu'un sombre individu avait dû dérober les flèches et l'arc de Cupidon. N'ayant plus rien à décocher et ayant perdu toute conscience professionelle, Cupidon avait lui même fini par se faire prendre au piège de l'amour et n'avait par conséquent plus le temps ni les moyens de s'occuper de nos médiocres histoires de coeur.

'Les Noces de Cupidon', leur premier album sorti début décembre 2008, est un surprenant mélange d'humour, de nostalgie et de petites vérités vécues ou observées par le 'paparazzi' qui sommeille en chacun de nous. On y trouve une demande en mariage surprenante, des réunions Upperware (sex-toys), une vieille boîte à souvenirs nous livrant ses secrets, des vies de couples tortueuses, et l'ennui profond que nous avons déjà tous ressenti le dimanche...

Clandestine est une musique qui s'écoute avec les yeux!"



(Sources: http://www.myspace.com/clandestinebe pour cette introduction, http://www.akamusic.com/Clandestine pour la photo. Propos recueillis auprès de Mathieu Christophe en décembre 2008.)

 

 


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Clandestine

 




     

Aaron Prevots: Comment décrire votre propre style musical? Quels artistes ou genres de musique vous inspirent en ce moment?

Mathieu Christophe - Clandestine: Nous nous classons dans ce qu'on appelle "chanson française" mais d'influence moderne... ou plutôt ce qu'en France nous appellons la nouvelle scène. Nos inspirations sont aussi nombreuses que diverses : Brel, Brassens, Noir Désir, ... Etant 4 musiciens, on pourrait pousser par les influences de chacun personnellement. Par exemple, le guitariste est fort influencé par la scène jazzy ainsi que par les Red Hot Chili Peppers, ... etc.

 

 

 
 

Membres du groupe :
ORIANNE Simon : auteur - compositeur - arrangeur - chant - guitare acoustique ; LECLERE Julien : arrangeur - clavier - choeur ; CHRISTOPHE Mathieu : arrangeur - guitare éléctrique - choeur ; TIMMERMANS Renaud : arrangeur - batterie - percussion - choeur. Techniciens : DAGNELIE Benoît : ingénieur du son ; de RADIGUES Loïc : régisseur lumières.

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Est-il important pour vous de chanter en français, ou simplement ce qu'il y a de plus naturel?

Il s'agit bel et bien d'un choix que nous essayons de défendre du mieux qu'on peut face au public de nos concerts. La langue française est une si belle langue qu'on avait envie d'en profiter et de, grâce à elle, mettre en valeur des textes qui lorsque chantés en anglais, pourraient parfois passer à la trape. Et puis, il faut avouer que la langue française a un historique tellement élaboré qu'il serait dommage de ne pas profiter de cette langue pour s'exprimer!

 

 

 
 


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Influences: Brel, Brassens, Bensé, Renan Luce, Bénabar, ...


Avez-vous réalisé des chansons en home studio? La technologie a-t-elle changé votre façon d'aborder le travail de création?

Nous composons toujours dans notre local de répétition. Tout ce que la technologie nous apporte est la possibilité d'enregistrer chacune des répètes chez notre ingé son. Je me souviens que notre premier 7 titres ("Au fond du couloir") a été intégralement enregistré dans un mini-appartement, avec un ingé son et son Pro Tools... L'expérience fut inoubliable, mais le résultat laissait à désirer... Donc, Clandestine a décidé que pour les enrigestrements futurs, nous passerions par des conditions professionnels!

 

 

 
  


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Internet et le réseautage social vous ont-ils aidé en tant qu'artiste? Trouvez-vous que des communautés d'artistes et d'admirateurs se créent plus facilement que dans le passé?

Oui, il est vrai que le réseau internet nous est d'une grande aide. Grâce à des websites comme Myspace ou Facebook, les gens peuvent se tenir au courant des dernières nouveautés en date du groupe (nouveaux extraits, nouveaux concerts, ...) et surtout, et c'est là je pense le plus grand point positif, nous laisser des messages et des commentaires nous permettant de rester en contact permanent avec notre public. Il est vrai que, si la frontière artiste/fan ne doit pas être franchie, pouvoir communiquer avec les gens qui nous suivent et ainsi entamer une relation "amicale" permet de créer des liens plus forts et de fidéliser son public.

Internet est également pratique dans la recherche de contacts : organisation de concerts, management, labels, producteurs, studio, ... On trouve de tout, et tout pourrait être intéressant. Je pense que sans internet, la recherche aurait été plus longue et laborieuse. Au jour d'aujourd'hui, tous nos contacts proviennent en majeure partie de l'internet!

Maintenant, il faut aussi ouvrir les yeux sur l'autre côté : internet est tellement simple, tout comme le réseautage social, ce qui fait que jour après jour plein de groupes émergent et la concurrence naît de là! Ce qui rend notre tâche encore plus dur.


 

 

 


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Existe-t-il un esprit de communauté et de collaboration entre musiciens dans votre région? Doit-on habiter une grande ville pour réussir en tant qu'artiste?

Je ne pense pas que l'endroit où nous vivions change quelque chose. Il est vrai que nous habitons une grand ville pour la plupart de Clandestine... Mais ce qui fait la puissance d'un groupe est sa rage et sa volonté à se faire entendre, et ce que ce soit d'une grande ville ou d'une plus petite. Ce qui change, et ça je pense que tout le monde sera d'accord, ce sont en effet les déplacements, plus simple dans une grande ville que dans une bourgade perdue...

Pour ce qui est de la collaboration, oui, il en existe. Il est vrai qu'au fur et à mesure des concerts et des festivals, on finit par jouer sur la même scène que d'autres artistes naissant. Et ce plusieurs fois par an. Donc des liens d'amitié se créent. Et pour les groupes les plus proches de nous, je pense même qu'un esprit d'entraide est né (échange de contact, proposition de concerts). Mais si cet esprit est fortement important, il faut faire attention que parfois, il peut être à double tranchant et, finalement, vous retomber dessus!

 

 

 

 


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Comment trouvez-vous le paysage musical en Communauté française? Peut-on dire qu'il est assez riche et divers?

Oui, je pense que la Belgique est le berceau de pas mal de projets différents. On y retrouve de la chanson française poussée par des concours comme "Musique à la française" ou bien encore "Franc'Off de Spa", du rock français, de la pop anglaise, du rock anglais, de l'électro, .... Donc nous avons un pannel de choix en ce qui concerne les groupes, et je pense que la Belgique est en train de se montrer aux yeux du monde comme un pays créateur d'artistes de qualitré (j'en veux pour exemple les Girls in Hawaii, ou encore Sharko, et surtout dernièrement Puggy).

 

 

 

Avez-vous rencontré des écueils en tant qu'artiste francophone souhaitant élargir votre public?

Oui bien sûr, je pense que tout groupe rencontre un obstacle un jour. Déjà, pour le moment, Clandestine se limite à la recherche de concerts situés en Wallonie. Tout ce qui est du côté de la Flandre est impossible pour le moment à cause de la barrière linguistique. Sinon, à part ça, l'autre gros obstacle est évidemment l'argent... Par exemple, l'enregistrement de notre premier album "Les noces de Cupidon" : c'était un souhait de longue date, mais un souhait cher... maintenant réalisé, mais il fut dur à planifier!

 

 

 

 


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Avez-vous bénéficié du soutien d'organismes comme le Conseil de la musique ou Wallonie-Bruxelles Musiques? Comment caractériser l'écho qui résulte de ce genre de soutien ou de concerts hors de Belgique (dans les médias ou bien de la part des admirateurs, des managers, des amis)?

Nous n'avons jamais d'aide quelque soit de ce genre d'organisme... WBM, et c'est ce qui me fait fort rire en général, n'aide que les groupes qui sont au moins signés sur un label (d'après mon dernier coup de téléphone)... Or, et corrigez-moi si je me trompe, je ne pense pas que ces artistes spécifiques aient besoin de quoi que ce soit... Donc, pour le moment, on fait tout tout seul, et je pense que c'est là notre plus grand mérite, et finalement, ce n'est pas plus mal... En plus de la musique, cela nous permet de découvrir tout un monde de travail jusque-là inconnu (tourneur - manager - direction artistique - recherche de sponsors - ...). La musique est une expérience de vie inoubliable, et si un jour cela doit s'arrêter, autant que ce soit avec des connaissances plus élargies. Personnellement, j'y ai découvert le monde de tourneur - manager, et je dois dire que j'accroche avec ce milieu, et que si jamais la musique ne marchait pas, ce serait une branche dans laquelle je me reconvertirais volontier!

Nous n'avons encore jamais jouer en dehors de la Belgique, mais cela ne saurait tardé... Une tournée en France se profile à l'horizon pour l'été 2009. Et pour ce qui est des échos après nos concerts, ils sont généralement de qualité. La plupart du temps, on nous félicite en premier pour les textes, ainsi que pour l'ambiance que Clandestine procure sur scène, aussi bien avec son aspect musical et ses arrangements que pour le jeu de scène permettant au public de rentrer dans chacune des histoires!

 

 

 

 

 

 


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Peut-on parler à votre avis d'un foisonnement artistique en Belgique depuis les années 1980 ou 1990? Si oui, quelles en seraient selon vous les principales raisons (Internet, festivals, le Conseil de la musique, autres organismes, subsides, labels associatifs, home studios, intérêt général pour la musique...)?

Un foisonnement d'artistes est né en Belgique dans ces années-là, mais je ne me l'explique pas moi-même. C'est vraiment une question à laquelle je ne pourrais pas répondre. Ce qui est sûr, c'est que si se faire connaitre à l'époque était facile, tout est bien compliqué aujourd'hui!

 

 

 

 

Trouvez-vous que les médias classiques (radio, télé, journaux, magazines) aident à promouvoir la musique que vous aimez?

Si on parle des radios nationales, je trouve leur programmation très redondante... En sachant que ce sont les majors qui payent ces radios pour diffuser leurs artistes, vous aurez compris pourquoi depuis un mois et ce à raison de 15 fois par jour, on entend toujours les mêmes chansons. Pour ce qui est de la promotion d'artistes moins connus, mieux vaut passer par les radios locales!

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


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