Le processus créatif : FRANÇOIS PETIT
 
Dr. Aaron Prevots, Ph.D.
Southwestern University


"Asta, c'est le projet musical personnel et atypique de Fran, musicien, compositeur et auteur déjà à l'oeuvre dans Adrian Bouldt, The Rocket Ship et Moladji."



(Sources: http://asta.skynetblog.be pour cette introduction et les images. Propos recueillis en décembre 2008.)

 

 


-
"Asta, c'est le projet musical personnel et atypique de Fran, musicien, compositeur et auteur déjà à l'oeuvre dans Adrian Bouldt, The Rocket Ship et Moladji."


     

Aaron Prevots: Comment décrire votre propre style musical? Quels artistes ou genres de musique vous inspirent en ce moment?

François Petit - AstA: Il n’y a pas vraiment de style propre ; disons que c’est un mélange de musique pop/ rock avec beaucoup d’influences anglophones sur des textes en français. En ce moment, j’apprécie aussi bien l’écriture, assez classique mais très inspirée, de Renan Luce que les délires de (Philippe) Katerine…

 

 

 
 


-

 

Est-il important pour vous de chanter en français, ou simplement ce qu'il y a de plus naturel?

C’est en effet ce qu’il a de plus naturel et surtout, de plus sincère. Quand j’écris en anglais, je mets obligatoirement un masque.

 

 

 
 


-


Avez-vous réalisé des chansons en home studio? La technologie a-t-elle changé votre façon d'aborder le travail de création?

Le home studio m’a permis de développer mes compositions, de tester divers arrangements, etc. Sans la technologie, je me serais sans doute arrêté à la troisième chanson… Elle a conditionné mon travail de création.

 

 

 
  


-


-



Internet et le réseautage social vous ont-ils aidé en tant qu'artiste? Trouvez-vous que des communautés d'artistes et d'admirateurs se créent plus facilement que dans le passé?

Internet, etc. sont de nouveaux outils très pratiques et assez performants. Cela facilite certains échanges et gomme quelque peu les frontières, mais le « buzz » n’est pas pour autant garanti.


 

 

 


-

 

Existe-t-il un esprit de communauté et de collaboration entre musiciens dans votre région? Doit-on habiter une grande ville pour réussir en tant qu'artiste?

A Liège, il s’agit d’un esprit « principautaire ». En musique, on constate qu’il existe un vivier d’artistes divers assez talentueux pour susciter un certain intérêt, de là à parler de communauté, le mot est un peu fort. Cela dit, tout le monde se connaît, se côtoie et des sympathies se créent naturellement. Il y a aussi des jalousies, des médisances, etc. comme dans tous les endroits marqués par une certaine effervescence. Ce n’est pas une obligation, mais habiter une grande ville facilite les échanges parce que c’est principalement là que tout se passe.

 

 

 

 


 

   

Comment trouvez-vous le paysage musical en Communauté française? Peut-on dire qu'il est assez riche et divers?

Oui, riche et divers. Il échappe aussi peut-être à un formatage beaucoup plus présent en France (par exemple). Tout est permis ; on peut produire des choses très atypiques mais encore faut-il trouver un public et sortir de nos frontières. Beaucoup de productions intéressantes et très originales ne se vendent pas une fois dans les bacs…

 

 

 

Avez-vous rencontré des écueils en tant qu'artiste francophone souhaitant élargir votre public?

Les organisateurs de concerts sont assez consensuels, ils se rabattent de plus en plus sur des valeurs sûres pour être certain de rentrer dans leur budget. Donc, quand on fait un projet en français quelque peu atypique et décalé, c’est plus difficile de convaincre.

 

 

 

 

 

 





Avez-vous bénéficié du soutien d'organismes comme le Conseil de la musique ou Wallonie-Bruxelles Musiques? Comment caractériser l'écho qui résulte de ce genre de soutien ou de concerts hors de Belgique (dans les médias ou bien de la part des admirateurs, des managers, des amis)?

J’ai participé à de nombreux concours développés par ces organismes. Je n’ai pas eu de faveurs unanimes des différents jurys (autrement dit, pas de prix), mais cela m’a donné l’occasion de faire des concerts dans de bonnes conditions, devant un public qui, lui, était enthousiaste voire conquis. Il y a aussi pas mal d’encouragements et de conseils de la part de professionnels. Pas de concerts à l’étranger.

 

 

 

 

 

 

 


-

Peut-on parler à votre avis d'un foisonnement artistique en Belgique depuis les années 1980 ou 1990? Si oui, quelles en seraient selon vous les principales raisons (Internet, festivals, le Conseil de la musique, autres organismes, subsides, labels associatifs, home studios, intérêt général pour la musique...)?

Le talent est imprévisible, il peut naître n’importe où, de tout temps ; un foisonnement éventuel n’est qu’un hasard…

Ce qui a changé, depuis fin 90, début 2000, c’est que les instances politiques ont enfin décidé de valoriser un peu mieux notre paysage culturel dans le secteur des musiques non-classiques notamment. Les avancées technologiques (internet, home studio) ont aussi facilité cette valorisation. On est aussi dans l’ère des festivals, de la musique volatile (i-pod, etc.), dans une ère du foisonnement généralisé, justement.

 

 

 

 

 

Trouvez-vous que les médias classiques (radio, télé, journaux, magazines) aident à promouvoir la musique que vous aimez?

Pas vraiment. Il faut chercher ailleurs, plus souvent dans les « nouveaux médias » (structures indépendantes, blogs, webzines, etc.) pour accéder à ce qui est plus « underground ».

 

 

 

 

Quelles ressemblances ou différences avez-vous remarqué entre la scène musicale en Communauté française et ce qui se passe ailleurs? Que peut-on dire des diverses communautés linguistiques en Belgique à cet égard?

La seule chose dont j’ai fait l’expérience à travers mes différents projets musicaux, c’est qu’en Belgique, Flamands et Wallons communiquent très peu en matière de culture. La récente crise politique communautaire n’a pas arrangé les choses… Mais il existe pas mal de petites structures qui font fi de cet état de fait et organisent des évènements sans discriminations, mais elles restent relativement confidentielles, underground.

 

 

 

 


-

Qu'est-ce que pour vous le succès artistique? Qu'est-ce qui vous inspire et vous donne envie de continuer?

Le « succès » pour moi, c’est d’arriver à partager un univers personnel avec un public quelconque, d’établir une connivence. Mais aussi, c’est l’amour de la musique et la jubilation que procure la création artistique qui me donnent envie de continuer.

 

 

 

 


-

Auriez-vous un dernier mot pour résumer votre perspective générale ou votre musique, une sorte de devise personnelle peut-être?

Pas vraiment une devise, mais plutôt une question, LA question essentielle, existentielle, qui prime sur toutes les autres et que chacun devrait se poser plus souvent ; « qu’est-ce que je ferais si j’étais moins c... ?»

 

 

 

 

 

 


 

 



-

   

 

   

 

Visitez François Petit sur

 

 

 

http://www.asta.skynetblog.be.