Le processus créatif : GUILLAUME LEDENT
 
Dr. Aaron Prevots, Ph.D.
Southwestern University


"Avant de se lancer dans la chanson, Guillaume Ledent, formation musicale classique au Conservatoire de tournai, est d’abord passé par le folk-rock (Whose Garden), la musique ancienne (Con Amores).

En 2001, il forme le groupe Dîne à Quatre, avec qui il sort un maxi en France. En 2005, le projet, qui devient solo, sort un premier album bien accueilli par la presse.

En 2007 paraît l’album « ton océan » dont la presse belge et française dira unanimement beaucoup de bien. Le single « Experts » et le duo avec Saule « L’amour au four » sont programmés sur les ondes nationales belges et françaises, ce qui permet à Guillaume Ledent de rencontrer un plus large public. L’album est d’ailleurs nominé aux Octaves de la musique 2008 dans la catégorie Chanson avec Baloji, Jeff Bodart et Soy Un Caballo.

Concerts :

Francofolies de Spa, Rallye Chantons Français, Mars en chansons, Fêtes de la musique, Théâtre de Namur (festival pour la dignité), La baleine blanche (Paris), Biplan (Lille). Divers Centres culturels à BXL et en Wallonie."



(Sources: http://www.myspace.com/dinea4 pour cette biographie et les photos. Propos recueillis en décembre 2008.)

 

 


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Guillaume Ledent

 




     

Aaron Prevots: Comment décrire votre propre style musical? Quels artistes ou genres de musique vous inspirent en ce moment?

Guillaume Ledent: Pour moi, c'est du folk-fusion en français. Mes groupes favoris actuels: Fleet Foxes, Scott Matthew, shearwater, Eels. Des groupes francophones: Jeanne Cherhal, William Sheller, par exemple.

 

 

 
 


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Est-il important pour vous de chanter en français, ou simplement ce qu'il y a de plus naturel?

C'est naturel, il n'y a aucune démarche ou volonté de défendre le français absolument. Mes chansons pourraient être en anglais mais je ne le parle pas assez bien pour dire des choses intelligentes.

 

 

 
 


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Avez-vous réalisé des chansons en home studio? La technologie a-t-elle changé votre façon d'aborder le travail de création?

Tout est fait en home-studio. La technologie a bien sûr changé les choses: je peux enregistrer un tas d'instruments chez moi. Ce n'est pas un studio mais un laboratoire sonore qui permet d'expérimenter des choses à son aise.

 

 

 
  


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Internet et le réseautage social vous ont-ils aidé en tant qu'artiste? Trouvez-vous que des communautés d'artistes et d'admirateurs se créent plus facilement que dans le passé?

Sans doute, oui, ça aide, mais je ne peux pas beaucoup comparer vu que ça fait peu de temps que je fais ça.


 

 

 


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Existe-t-il un esprit de communauté et de collaboration entre musiciens dans votre région? Doit-on habiter une grande ville pour réussir en tant qu'artiste?

Je pense qu'il faut habiter une grande ville, c'est plus facile. La plupart des choses se font à Bruxelles ou Liège en chanson française. L'esprit de communauté existe mais pas encore assez en chanson en Belgique. On y travaille! Je suis en train de développer une structure avec d'autres artistes dans la même veine, style.

 

 

 


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"Sounds like : M, Delerm, L Chedid, M Boggaerts, Brassens, Souchon, Mickey 3D..."

 

 


 

 

 

Comment trouvez-vous le paysage musical en Communauté française? Peut-on dire qu'il est assez riche et divers?

Très riche je trouve!

 

 

 

Avez-vous rencontré des écueils en tant qu'artiste francophone souhaitant élargir votre public?

Oui. La chanson francophone de Belgique n'est pas très soutenue, reconnue. La pop en anglais marche beaucoup mieux. Je pense que la Belgique francophone souffre d'un complexe d'infériorité par rapport aux français.

 

 

 

 

 

 


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Avez-vous bénéficié du soutien d'organismes comme le Conseil de la musique ou Wallonie-Bruxelles Musiques? Comment caractériser l'écho qui résulte de ce genre de soutien ou de concerts hors de Belgique (dans les médias ou bien de la part des admirateurs, des managers, des amis)?

Oui, on a eu un soutien du CGRI pour la sortie de l'album en France cette année, et un appui de la Communauté française pour la production de l'album.

 

 

 

 

 

 

 


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Peut-on parler à votre avis d'un foisonnement artistique en Belgique depuis les années 1980 ou 1990? Si oui, quelles en seraient selon vous les principales raisons (Internet, festivals, le Conseil de la musique, autres organismes, subsides, labels associatifs, home studios, intérêt général pour la musique...)?

Oui, foisonnement, il y a grâce au Conseil de la musique, Court-Circuit asbl, la Biennale de la chanson française principalement.

 

 

 

 

Trouvez-vous que les médias classiques (radio, télé, journaux, magazines) aident à promouvoir la musique que vous aimez?

Mmh, moyennement. Je découvre plus tôt et plus vite par le net puis ensuite grâce à la presse écrite, puis ensuite radio, puis télé. Sinon, on a eu la chance d'avoir une radio nationale qui nous a soutenu sur deux titres de l'album, deux single quoi, et ça nous a aidé à rencontrer un plus grand public et de là, à participer à des festivals de plus grosses envergures (francofolies par ex) ou d'être nominé aux Octaves de la musique 2008. Sans doute un facteur qui a aidé à tout cela.

 

 

 

 

Quelles ressemblances ou différences avez-vous remarqué entre la scène musicale en Communauté française et ce qui se passe ailleurs? Que peut-on dire des diverses communautés linguistiques en Belgique à cet égard?

Le niveau en chanson française est, je pense, supérieur en France qu'en Belgique: meilleurs textes, meilleurs arrangements. Par contre, il y a de meilleurs groupes pop-rock anglophones en Belgique qu'en France. Je pense que ça vient du fait que le pop rock est beaucoup plus soutenu (plus de festivals, d'aides, de subsides, de manager etc...) que la chanson chez nous. La chanson reste une niche de spécialistes, comme le jazz. Peu de manager, peu de tourneur, c'est la débrouille et l'artisanat... mais ça a tendance à changer maintenant.

 

 

 

 


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Qu'est-ce que pour vous le succès artistique? Qu'est-ce qui vous inspire et vous donne envie de continuer?

Le succès artistique, c'est arriver à trouver sa personnalité, sa touche personnelle. Ça, c'est plus important que le succès. Je reste persuadé que si un projet a une âme, une identité, le succès auprès du grand public finira par arriver. Le contraire est moins évident: il arrive que des groupes connaissent un succès fulgurant car une grosse machine les pousse mais le "fond" artistique n'y est pas, c'est creux. Le public s'en rend vite compte, et il est difficile après de se relever de ça. Une mauvaise réputation est plus difficile à récupérer que pas de réputation du tout.

 

 

 

 


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Auriez-vous un dernier mot pour résumer votre perspective générale ou votre musique, une sorte de devise personnelle peut-être?

Être authentique, sincère, ne pas tricher. Internet permet plus que jamais de faire ce qu'on aime, c'est la liberté artistique qui compte le plus, dans un monde des médias qui veut justement souvent formater les gens. Le net, les réseaux myspace, facebook arrivent à contourner tout ça.

 

 

 

 

 

 


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http://www.myspace.com/dinea4.